Comment 24 enfants ont fabriqué et personnalisé leur nichoir à mésanges
Comment fabriquer un nichoir avec une classe de 24 enfants ? Comment accepter de lâcher l’idée qu’on s’était faite et laisser chaque enfant créer librement ? En février, avec les deuxièmes primaires du Collège Sainte-Marie de Mouscron, nous avons passé une journée entière dédiée aux mésanges. Vissage, ponçage, peinture, aquarelle, découpage-collage… 24 enfants, 24 nichoirs uniques. Je vous raconte.
Chers amis,
Au Collège Sainte-Marie, nous proposons des ateliers créatifs en lien avec les éléments visibles sur les calendriers panoramiques, sur des thèmes pertinents par rapport à ce qui se passe dans la nature à chaque moment de l’année.
À la fin de l’automne, en décembre, avec les premières primaires, nous avons découvert les oiseaux. Nous avons parlé des mangeoires, du nourrissage en hiver, des différents types de graines, et nous avons dessiné certains oiseaux de la forêt.
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En février, c’est avec les deuxièmes primaires que nous avons découvert les mésanges et construit des nichoirs pour leurs oisillons à venir.
Pourquoi les mésanges en février ?
Sur le calendrier panoramique « Une année dans le Potager », on voit un nichoir installé sur un arbre au mois de mars. C’est ce détail de l’illustration qui a inspiré Madame Caroline, leur institutrice, pour proposer un atelier sur les mésanges au mois de février.
Pourquoi février et pas mars ? Parce que les mésanges charbonnières commencent à chercher leur site de nidification dès la fin de l’hiver, en février-mars. La construction du nid arrive ensuite en mars-avril, puis la ponte fin avril - début mai. Installer un nichoir en février, c’est leur laisser le temps de le repérer, de l’adopter et de s’y installer.
Les mésanges sont des oiseaux cavernicoles : elles cherchent une petite cavité, à l’abri des prédateurs, pour pondre leurs œufs. Mais aujourd’hui, avec la disparition des vieux arbres aux troncs creux, des haies et de certains jardins, ce n’est pas toujours simple de survivre quand on est une petite mésange.
Mais nous pouvons les aider. Un nichoir bien placé, dans un coin tranquille, suffit parfois à offrir un toit à une nouvelle famille de mésanges.
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Le lieu rêvé : l’atelier de l’école
L’énorme chance, c’est que dans cette école, il y a un magnifique atelier avec de grands plans de travail et beaucoup d’espace, destiné à l’homme à tout faire de l’école — celui qui s’occupe du bricolage. Il a accepté notre demande d’occuper les lieux et a mis son espace à disposition des enfants. C’était le lieu idéal.
Dans la salle de bricolage de l’école : Madame Caroline accompagne les enfants dans l’assemblage des nichoirs.
Une journée complète, deux ateliers complémentaires
Comme les autres fois, nous avons divisé le groupe-classe en deux. Le gros projet de la journée se faisait en deux temps :
- Avec Caro — la construction du nichoir : peindre, assembler, visser, poncer
- Avec moi — l’embellir et le personnaliser : aquarelle, découpage, collage
Chaque enfant repartait à la fin de la journée avec son propre nichoir, fabriqué et décoré de ses mains.
Étape 1 — La construction, avec Caro
Caro avait tout prévu :
- un atelier pour fabriquer une peinture naturelle : un mélange de pigments et d’huile de lin à faire cuire, puis à appliquer sur le bois ;
- les nichoirs en pièces détachées, des vis et plusieurs visseuses. Les enfants devaient le peindre, l’assembler, le visser et le poncer.
Pour la plupart d’entre eux, c’était la première fois qu’ils fabriquaient quelque chose de leurs mains dans un atelier, avec du bois, des vis et de la peinture.
Visser à la perceuse — les enfants découvrent le geste technique, la main sûre sur l’outil.
Étape 2 — L’aquarelle, pour préparer la matière du collage
De mon côté, comme je disposais d’une demi-journée par groupe, j’ai pu organiser un atelier créatif plus long et plus complet que d’habitude — en deux temps : d’abord l’aquarelle pour créer les papiers colorés, ensuite la personnalisation du nichoir avec ces papiers.
Nous avons commencé par un atelier de découverte de l’aquarelle.
- Pourquoi utiliser une feuille épaisse ?
- Pourquoi la fixer sur un support ?
- Comment créer ses couleurs à partir des couleurs primaires ?
- Observer la couleur qui se pose sur la feuille
- Utiliser des pipettes pour ajouter quelques gouttes d’eau
- Comment obtenir une couleur plus ou moins claire
- Mettre trop d’eau, ou pas assez…
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| Pipettes en main, les filles colorent leur feuille à leur bureau. | Faire couler les gouttes — incliner le carton, observer ce qui se passe. | Concentration partagée autour d’une palette. |
Expérimenter, tester, faire couler une goutte sur sa feuille et voir ce que ça fait. Utiliser différents types de pinceaux. L’idée, dans cette première partie de l’atelier, n’est pas de représenter quoi que ce soit, mais de découvrir le matériel et l’aquarelle.
C’est une activité qui peut poser question, parce qu’elle offre une grande liberté, mais pas de résultat final… En tout cas pas à première vue. L’exercice en lui-même est l’expérimentation.
Mais le résultat final est quand même toujours là, selon moi : chaque réalisation est une petite œuvre abstraite plus ou moins colorée. Une fois secs, ces petits tableaux sont excellents pour la réalisation de collages. On peut y découper des formes et créer de jolis collages. C’est exactement ce que nous avons fait ce jour-là.
Les petites œuvres aquarelle de chaque enfant — la matière qui servira l’après-midi pour personnaliser les nichoirs.
Étape 3 — Embellir et personnaliser le nichoir : 24 nichoirs uniques
En même temps, l’autre moitié du groupe était en train d’assembler toutes les pièces pour construire son nichoir. Nous avons interverti les groupes à la récréation. Et l’après-midi, le premier groupe est revenu… chaque enfant avec son nichoir.
Ils avaient leurs papiers colorés créés le matin, plus des feuilles de couleur, de la colle et des ciseaux à disposition. Et j’avais les fiches de l’atelier sur la mésange charbonnière à portée de main.
Entre l’idée que je me fais au début d’un atelier et le résultat final, c’est toujours très différent.
J’imaginais, en préparant l’atelier chez moi, que chaque enfant ferait un atelier classique de collage et découpage à partir des fiches sur la mésange charbonnière. Mais avec un groupe d’enfants plus grands — 12 enfants à la fois — c’est difficile d’apporter la même présence à chacun. Et de toute façon, certains enfants sont tout de suite très à l’aise et savent exactement ce qu’ils veulent faire ; d’autres ont besoin d’aide. Pour un atelier artistique, ce serait dommage de vouloir les contrôler.
Cela demande d’accepter que chaque enfant va décider complètement par lui-même de sa création. Ce qui n’est pas toujours facile quand on est à l’école et qu’on a tous l’habitude de faire plus ou moins la même chose.
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C’est vrai que nous n’avons pas eu 24 nichoirs identiques avec le collage que j’avais imaginé en préparant l’activité chez moi. Mais nous avons eu 24 nichoirs uniques, extrêmement créatifs, dignes d’une belle exposition.
Cette liberté dans le processus créatif est un véritable cadeau pour les enfants.
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| Concentration et intention — l’enfant dessine sur son nichoir. | Un détail de collage : un oiseau bleu avec une aile rose. | Un nichoir très créatif : un arbre jaune sur une face, une mésange sur une autre. |
Quand les enfants inventent ce que je n’avais pas prévu
Un enfant m’a demandé s’il pouvait coller du papier dans son nichoir. Je lui ai dit oui, sans vraiment comprendre son idée. Il a collé des petits œufs en papier partout à l’intérieur.
Un autre m’a demandé s’il pouvait découper les photos que j’avais ramenées. Je ne les avais pas prises pour ça, mais j’ai dit oui — et ça a inspiré deux ou trois enfants à les utiliser de façon très créative en les collant sur leur nichoir.
Un petit garçon a demandé s’il pouvait dessiner plutôt que coller. Oui aussi.
La seule limite que j’ai posée : les feutres
La seule demande que je n’ai pas acceptée, c’est l’utilisation des feutres. J’aurais peut-être dû dire oui. Mais je trouve les feutres moins intéressants, surtout pour les jeunes enfants : c’est tout de suite trop fort, il y a moins de nuance, moins de douceur dans ces outils-là, de mon point de vue.
Mais libre à vous de les utiliser.
La fierté à la fin de la journée
À la fin de la journée, tous les enfants étaient encore bien investis. Ils étaient super heureux d’emporter leur réalisation à la maison. Je pense que si j’avais eu l’occasion de vivre cette journée en tant qu’enfant, je m’en souviendrais encore aujourd’hui. Ça aurait sûrement figuré dans mes souvenirs joyeux d’enfance.
Le soir, après l’école, qui sait combien de parents auront joué le jeu et accroché les nichoirs sur leur terrasse ou dans leur jardin ? On ne sait pas — mais on imagine que cet atelier et cette belle journée auront aussi fait le bonheur de plusieurs familles de mésanges.
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| Quinze nichoirs, quinze histoires — prêts à repartir chez les enfants. | Chaque enfant rentre chez lui avec son propre nichoir à mésange. |
Une note pour la prochaine fois
J’aurais sans doute dû créer un petit document pour expliquer l’activité du jour, et comment installer un nichoir à mésange charbonnière, à destination des parents.
Une idée à mettre en pratique la prochaine fois — pour impliquer et inclure les parents dans l’activité dès le retour à la maison.
Bénéfices pour les enfants
Ce que cet atelier a permis de développer chez les enfants :
- Le geste technique : visser, poncer, assembler, peindre
- La motricité fine et la précision
- La fierté de fabriquer quelque chose de leurs mains
- La liberté créative — décider par soi-même
- Le lien concret avec la nature : un nichoir, c’est une maison pour une mésange réelle, à venir
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Merci à Caroline, l’institutrice, et à Caro, mon amie guide nature, pour toutes ses bonnes idées, sa participation et ses bons conseils — l’activité de bricolage a considérablement enrichi l’atelier sur les mésanges.
Merci aussi à l’homme à tout faire de l’école qui nous a ouvert son atelier. Et merci aux 24 enfants — j’ai adoré leur joie de participer et leur créativité.
À vos visseuses et à vos pinceaux !
À bientôt, Laetitia






